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              Pitié pour les oies

   

                oies, fresque en Iran.   

     j 'aime bien Ferdinand. Il est venu me rendre visite hier à l'heure du goûter, accompagné de Nathalie, sa maman. A peine débarrassé de son manteau et avant le premier biscuit, il a ouvert la porte de chaque chambre, de chaque placard, trottiné de la cave au grenier, un gros pistolet noir à la main. "J'ai toujours un pistolet  à cause des crocodiles, on ne sait jamais". A trois ans et demie, Ferdinand est un véritable explorateur des mondes de l'imaginaire. En ce moment, la nuit, il construit un château avec une fontaine de Coca-Cola à l'entrée, une patinoire dans la cave et des écuries peuplées de poneys blancs. C'est très très loin, sur une autre planète. Il m'invitera quand les travaux seront finis, il m'emmènera dans sa fusée propulsée par dix millions de moteurs et freinée par un système de rétropédalage à neuf vitesses. S'il n'a pas le temps de passer me prendre, je n'aurai qu'à le rejoindre en train, me propose-t-il aimablement.

        " Tiens, à propos de train, me dit Nathalie, tu as lu le Science et Vie du mois de février ? Il parait qu'on va construire des rails en plumes d'oie"...


     Elle sort le magazine de son cabas et lit :


       " Une voie ferrée en plumes d'oie capable de soutenir un train à grande vitesse, c'est ce qu'ont imaginé le physicien Sheldon Weibaum et ses collègues de l'université de New York, s'inspirant du skieur qui glisse dans la neige sans s'y enfoncer... "



     Ferdinand regarde par la fenêtre, trépigne, demande son manteau. Nous le retrouverons agrippé au grillage du poulailler de la voisine, distribuant à la basse-cour le reste du paquet de sablés.


       " Je l'ai dit  à Jacotte et à Poucette qu'on allait bientôt prendre les plumes des oies pour faire rouler les trains dessus ! "

     Puis il ajoute, tout bas:

       — Et l'oie Jacotte, elle m'a répondu " merde ! "






                                                    HortenseAA  



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